Ceci est désormais institué dans la tradition des hommes de culture guinéens et d’ailleurs. Depuis environ 13 ans, la maison d’édition l’Harmattan Guinée réunit le monde du secteur culturel pour célébrer Les 72 heures du livre, à Conakry. L’événement se déroule généralement les 23, 24 et 25 avril, avec la participation du journaliste Eugène Ebodé.

C’est sous le thème « Covid-19 en Guinée : la place de la femme, de la jeunesse et de la paix dans le pays dont nous rêvons » que s’est tenue cette 13ème édition du Salon du livre de Conakry marquée par plusieurs activités, dont des dédicaces, des signatures, tables-rondes, des ateliers et des conférences-débats.

L’on a assisté à la présentation de nombreux ouvrages gravitant autour des concepts clés de cette thématique. Restons dans ce sillage pour rappeler qu’en amont, les organisateurs de l’événement ont initié un atelier de formation dix jours à l’intention de dix jeunes filles sur le métier de photographie. Ces jeunes filles ont fait des portraits de dix femmes modèles qui ont été exposés durant les trois jours du salon, avec la facilitation d’un professionnel de la Biennale de la photographie de Bamako.

Aussi, il y a eu un atelier spécialement organisé pour former les nouveaux contributeurs au Wikipédia. Une démarche motivée par le fait que les Guinéens ne sont pas suffisamment sur cette plateforme. Pendant trois jours donc, 20 contributeurs ont été formés pour pouvoir contribuer au Wikipédia.

Une bonne moisson pour l’Harmattan Guinée 

Pour le directeur général de la structure organisatrice des 72 heures du livre, cette 13ème édition a été une réussite : non seulement sur le plan organisationnel, mais aussi à travers la « modeste » mobilisation qui a pu être faite.

« En période de pandémie, on ne pouvait pas réunir le maximum. Et c’est comme ça que ça s’est passé avec 80% en distanciel et 20% en présenciel. Et nous avons fait en sorte qu’on puisse préserver la vie des citoyens, des populations guinéennes,  en suivant les mesures barrières édictées par les autorités sanitaires. Puisque nous sommes dans une situation exceptionnelle, il fallait des mesures exceptionnelles« , explique Sansy Kaba Diakité.

Pari gagné 

Au regard de la crise sanitaire à laquelle le pays fait face, l’Harmattan Guinée a voulu faire un événement digitalisé. Et c’est ce qui s’est justement passé sur le terrain. La majeure partie des activités étaient en direct, pour permettre aux uns et aux autres de suivre cette manifestation culturelle du pays sur Internet, avec des invités venus de partout à travers le monde.

Innovations

La 13ème édition se veut un support sur lequel on devrait s’appuyer pour préparer l’événement de Conakry, capitale africaine du livre. Pour cela, ses organisateurs ont expérimenté des innovations qui ont porté. Notamment à travers cette exposition-vente et l’érection d’un hall d’exposition où les ministères, les maisons d’édition, les grandes librairies de Conakry et le Fonds d’aide au développement des arts et de la culture se sont relayés.

A côté, il y avait des exposants des sept régions administratives du pays, plus la zone spéciale de Conakry. « Et puisqu’on n’a pas eu de pays invité d’honneur, on a comblé ce vide en faisant une expo sur les huit régions administratives de la Guinée qui ont exposé leurs fiertés, leur artisanat et leurs littératures. On a fait la cabane des arts pour les tout-petits pour les égayer, leur permettre de découvrir des livres, des bandes dessinées et une télé pour suivre des émissions spécialisées pour les enfants, faire du coloriage, écrire, faire des épellations, simuler et leur donner beaucoup de livres« , égrène le directeur général de l’Harmattan Guinée.

A celles-ci, s’ajoute l’aménagement de plusieurs petites salles où le public a eu droit à des dédicaces toutes les heures avec des maisons d’édition guinéennes et étrangères, dont Innov’Editions, les éditions Ganndal, les éditions Plumes inspirées, la Saec, Balanzan, Verdure, L’Harmattan Côte d’Ivoire, l’Harmattan Mali, l’Harmattan Sénégal et Afri livre. Il y en a eu une centaine durant les trois jours.

Egalement, la rencontre de Conakry a été auréolée de tables-rondes avec des partenaires tels que les Nations-Unies, avec des intervenants venus de partout. Et même la Secrétaire générale de la Mano River était avec les panélistes en distanciel, autour des thèmes axés sur la diplomatie guinéenne et les méthodes de résolution des conflits.

Ambition de Sansy Kaba et de son écurie 

Après le mandat de Conakry, capitale mondiale du livre, faire en sorte que Conakry devienne de façon pérenne la capitale africaine du livre. Telle est l’ambition qui anime désormais le directeur de L’Harmattan Guinée et son équipe. Et pour cela, tous les pays africains qui organisent des manifestations littéraires étaient en ligne avec Conakry pour construire l’agenda des manifestations littéraires sur le continent.

A cet effet, il s’est tenu un séminaire pour présenter ces rendez-vous littéraires sur le continent dont la finalité a été de concevoir un agenda qui tient en compte l’ensemble de ces manifestations littéraires de sorte que les unes ne puissent bousculer la tenue des autres.

Activités connexes

La Culture, c’est aussi la photographie, le cinéma et le théâtre. A ce niveau, l’on a assisté à la projection d’un film documentaire sur Lamine Kapi Camara, ancien président de l’Association des écrivains de Guinée. Aussi, le public a eu droit à la présentation d’œuvres exceptionnelles dont celles de Petit Tonton (un conte) et de Bilia Bah (une pièce de théâtre), la nuit.

72 heures du livre de Conakry, un projet fédérateur

Outre l’année dernière où elles ont été interrompues pour cause du Coronavirus, Les 72 heures du livre se tiennent, depuis 13 ans, à Conakry. Une constance dont le secret réside dans la clarté de la vision du projet. C’est aussi de l’audace et l’union des professionnels du livre pour faire de celui-ci un véritable outil de développement, indique Sansy Kaba Diakité qui qualifie cette réussite collective avec l’implication des médias, des clubs littéraires, des associations professionnelles de l’industrie du livre, du ministère mais aussi des partenaires.

« Certes, l’Harmattan Guinée porte le projet. Mais c’est un projet de toute une Afrique qui souhaite démocratiser le livre« , soutient-il.

Au sortir de cette 13ème édition, Sansy Kaba Diakité exprime sa gratitude à l’endroit de la ministre de la Culture et du Patrimoine historique qui a pris sur elle de défendre ce dossier en Conseil des ministres. Et d’ores et déjà, la commission d’organisation s’attèle à la préparation de la 14ème édition.

« Le thème est trouvé. Les dates sont claires. L’espace est là. Les invités sont sélectionnés. Le pays invité d’honneur est connu. Le pays invité spécial aussi. Et la Guinée peut abriter la capitale africaine du livre, notamment en organisant dans deux ans la Biennale africaine du livre« , conclut M. Diakité, conclut-il dans une interview exclusive à Guinéenews.

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