La Guinée à l’instar des autres pays de la Oumma islamique, a célébré ce vendredi 31 juillet l’Aïd El Kébir, la plus grande fête musulmane, communément appelée la fête des Moutons.

La célébration de la fête de cette année intervient dans un contexte totalement inédit en raison de la pandémie de Covid-19 dont la propagation est train de bouleverser toutes les habitudes dans le monde.

Pour contenir la circulation du virus en Guinée qui a enregistré son tout premier cas le 14 mars dernier, le président Alpha Condé a instauré le 27 mars l’Etat d’urgence sanitaire. Une mesure particulièrement restrictive qui a ordonné, entre autres, la fermeture des lieux de cultes, des concessions scolaires et universitaires. Elle a également drastiquement limité les rassemblements publics.

Quatre mois plus tard, face aux conséquences désastreuses sur les activités économiques et financières de cette pandémie, de nombreux pays vont, plus ou moins raisonnablement, opter pour un assouplissement de ces restrictions. C’est le déconfinement progressif partout.

En Guinée, les autorités ne feront pas dérogation. Elles autorisent pour un départ la reprise des cours pour les élèves candidats aux différents examens nationaux. Puis le couvre-feu qui a été initialement fixé à 21 heures sera allégé. Il passera ensuite à 22 heures et maintenant à minuit.

Quant aux lieux de culte, il a fallu attendre le 23 juillet pour que le Secrétariat général aux Affaires Religieuses accorde une dérogation spéciale aux mosquées de Conakry et de sept autres communes urbaines de l’intérieur du pays, touchées par le Coronavirus.  Afin de recevoir les prières de cette fête de Tabaski.

Une décision qui a été accueillie par les fidèles musulmans de ces localités concernées avec soulagement et ferveur. Ce vendredi, ils étaient nombreux dans les différents lieux de prière à s’être exécutés de cette obligation religieuse publique dont la pandémie de Coronavirus les avait privés depuis près de quatre mois. A l’exception bien sûr du site du palais Sékhoutoureya où le grand imam de Conakry dirige habituellement la prière en présence du Chef de l’Etat et des membres du gouvernement.

 Un constat de Guinéenews qui a été confirmé par une source proche de la Présidence de la République. Et le président Alpha Condé n’a fait nulle part d’apparition publique dans le cadre de la célébration de cette grande fête musulmane. Par contre, l’imam Ratib de Conakry a, lui, officié la prière au Centre islamique de Donka, la grande mosquée Fayçal étant en chantier depuis un certain temps.

Faut-il par ailleurs souligner que depuis l’apparition des premiers cas de Coronavirus en Guinée, le président Alpha Condé a drastiquement limité ses sorties publiques.  Pour être plus précis, il les a réduites au strict minimum. C’est depuis son palais qu’il préside d’ailleurs les Conseils des ministres via la visioconférence.

Une Coronaphobie qui se justifierait à sa juste raison, estiment certains observateurs, par la mort du ministre Secrétaire général du Gouvernement des suites de Covid-19 et de la contamination de certains ministres et de la présidente du CES.

A la date du 30 juillet, la Guinée comptait 7242 cas dont 6438 guéris contre 46 décès.

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