Entre agent et conducteur, tout a été dit, ou presque. C’est du parfait « je t’aime, moi non plus »

Ils sont comme de gentils petits « cousins à plaisanterie !? » qui adorent jouer à chat et à souris, si ce n’est au « soumbara » et à la souris. Ne vous y trompez surtout pas, quand ils se chamaillent ou se calomnient à tout va. C’est du théâtre !

En vérité, ils sont indissociables et semblent faits l’un pour l’autre.

Ils trouvent toujours moyen de s’entendre après moult problèmes et le cycle reprend son cours habituel. Jusque-là tout va bien. On a pris l’habitude non ?

Le problème c’est quand on cherche à comprendre ce qui se passe réellement entre les deux, en matière d’échanges de petits services. Le genre « tu donnes et tu passes ». Ce type de corruption que certains emballent dans un euphémisme intitulé « tracasseries routières », est une véritable gangrène qui heurte les consciences. Le préjudice porté aux caisses du trésor public est énorme. Idem pour l’état aussi, dont on ternit l’image et bafoue l’autorité. Juste pour des broutilles. Pour du menu fretin !

Les responsables au plus haut niveau le dénoncent souvent.  Même que des sanctions tombent quelquefois.

En rappel, pour assainir le secteur, on a institué pour la première fois, en 1995, le port obligatoire du badge.  A l’occasion, deux groupes distincts, mais complémentaires ont été formés : les agents verbalisateurs (AVERBA), seuls habilités à dresser des contraventions et les agents canalisateurs, chargés de la régulation du trafic.

Tout cela pour faire le distinguo dans les attributions de chacun et sécuriser les recettes générées par les amendes arbitrées.

Cette initiative que les usagers ont favorablement accueillie, a parfaitement fonctionné quelque temps, avant de s’estomper.

Bien entendu, bon nombre des agents formés à l’époque pour sa mise en œuvre ne sont plus en activité. Retraite, changement de poste et/ou décès sont passés par là. C’est la vie !

Mais, l’administration est une continuité. Il y a tout à gagner à réactiver et améliorer ce processus.

Dans l’ambiance hétéroclite que l’on vit au quotidien dans la circulation, il n’est pas rare de voir des agents se faire remonter les bretelles et même prendre au collet, par des chauffeurs rageurs et hirsutes, que le cumul de stress accumulés dans la journée a rendu incontrôlables.

On voit aussi des agents qui, par de grands gestes au milieu de la chaussée, cherchent par tous les moyens à immobiliser un véhicule, le plus souvent un taxi ou un magbana. Pour cela, ils écartent largement les bras et oscillent à droite et à gauche, comme pour barrer à tout prix la route au véhicule, dont le conducteur ne semble pas disposé à s’arrêter.

Ou d’autres, assis à même le capot ou accrochés à la portière, qui exigent mordicus que le chauffeur donne les papiers ou paye un montant déterminé.

Il est arrivé que, dans ces circonstances, certains soient heurtés ou traînés sur une longue distance avant d’être jetés sur la chaussée, par des chauffards hargneux ou malveillants.

Cette tournure, toute particulière, frise l’anarchie et traduit une violence avérée sur agent de la force publique, dans l’exercice de ses fonctions. Ce genre d’incident est très rare à se produire. Le cas échéant, les autorités lui réservent toujours des réponses appropriées.

Pour en revenir à notre sujet, on peut nous rétorquer de nous être focalisé sur la seule forme qu’on peut typer : ‘’ corruption  »bas de gamme’’. Elle se joue à ciel ouvert. Nous y sommes tellement habitués que c’est à peine si nous prêtons attention à sa pratique qui ne semble plus effaroucher qui que ce soit.

Bien entendu qu’il existe d’autres formes de corruption, moins apparentes celles-là, parce que mieux ‘’protégées’’. Elles se déroulent à des niveaux plus élevés et avec davantage de  » ressources échangées ».

Mais, sans vouloir nous aventurer dans une quelconque comparaison, nous noterons simplement que la forme, apparemment banale, dont il est question ici, contribue à la ruine de l’économie nationale.

Il n’y a pas de petite ou de grande corruption et pour qu’elle soit effective, il faut toujours qu’il y ait celui qui donne et celui qui prend.

Pour en mesurer l’effet ravageur, il suffit de multiplier ces petites opérations quotidiennes par le nombre d’agents et de transporteurs toutes catégories confondues qui évoluent sur le réseau routier de la capitale.

A vos calculettes donc et rappelez-vous que tout le monde, ou presque, passe à la trappe. Aussi bien les clandos que les taxis identifiés comme tels.

Pour faire simple, décrivons le processus qui s’enclenche de manière séquentielle. La chronologie graduelle qui s’ensuit nous donne à peu près la conclusion ci-après, comme une synthèse : quand un chauffeur, en règle ou pas, donne de l’argent à un agent. Sans piper mot !

Quand un agent use de tous les subterfuges imaginables, pour exiger, « au nom de la loi » qu’un chauffeur, en faute ou pas, lui donne de l’argent. Qui n’est budgétisé nulle part. Que dans sa poche…

Nul doute que le perdant est connu.  C’est le coupable qu’on cherche !

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