Les rapports provenant des unités spécialisées dans le traitement des violences basées sur le genre (VBG), démontrent que tous les types de violence contre les femmes et les filles ont eu de l’ampleur notoire, après l’apparition de la pandémie de coronavirus en Guinée.

Ces violences à l’égard des femmes et des filles constituent l’une des violations des droits humains les plus répandues, les plus persistantes et les plus dévastatrices dans le monde, à en croire les spécialistes. Elles demeurent également l’une des moins signalée en raison de l’impunité, du silence, de la stigmatisation et du sentiment de honte qui l’entourent.

Contrairement à 2019, où les cas de violences basées sur le genre ont été plus reçurents au dernier trimestre de l’année, en 2020 une imprésionante hausse a été observée depuis le début de pandémie covid-19.


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La Brigade spéciale pour la protection des personnes vulnérables a reçu 69 cas de viol en 9 mois dont 30 déférés. Quant à l’OPROGEM, 148 ont été reçu dont 119 déférés devant les tribunaux en 3 mois.

Depuis mars dernier, les femmes ont vu leurs activités, notamment commerciales et leurs déplacements réduits suite à la survenue de cette maladie. Selon la brigade spéciale de la protection des personnes vulnérables créé au mois de février de l’année en cours, plus de 50 plaintes sur les violences conjugales ont été reçu dans leur service dont seulement 4 déférées devant les tribunaux.

Pour l’adjudant-chef Sékou Camara, cette situation s’explique par le manque de communication et la mauvaise fois de certains hommes.
«Cela peut s’expliquer par des incompatibilités d’humeurs du fait d’être permanent à la maison, malheureusement certains hommes ne résolvent les problème conjugaux qu’avec la violence.»

Sur la question du nombre minime de cas déféré, monsieur Sékou Camara ajoute que les violences conjugales ne nécessitent pas forcément d’être traduites devant un tribunal. « Si on peut trouver des efforts à l’amiable pour arranger les choses d’accord, dans le cas contraire on les défère devant les juridictions compétentes. »

Selon le commandant de la brigade spéciale de la protection des personnes vulnérables, les formes les plus reccurantes de violences conjugales en cette période de pandémie, sont les violences psychologiques et mentales qui sont pourtant moins prises en compte alors que la majorité des femmes en couple subissent cette forme.
«Aujourd’hui beaucoup d’hommes ont changé de fusil d’épaule par peur des représailles juridiques avec les violences physiques. Nous les spécialistes, savons que le fait de bouder, de refuser de remplir le devoir conjugale vis à vis de sa femme ou même confisquer son droit de travailler, sont des formes de violences même si elles ne sont pas répertorier dans le code pénal. Mais il y a des conventions que la Guinée a ratifiée qui prennent en compte ces violences dont les auteurs peuvent être punis.», a expliqué commandant Bernard Tenguiano.

La création des structures spécialisées, notamment l’OPROGEM ou encore la brigade spéciale de la protection des personnes vulnérables, facilite la lutte contre les VBG sous toutes ses formes dans notre pays.
Cependant, plusieurs obstacles se dressent devant la brigade spécial surtout, selon commandant Bernard Tenguiano.
«D’abord il y a les pesenteurs sociaux culturels qui constituent un grand obstacle, les femmes subissent énormément de violences mais n’osent pas porter plaintes où en parler. Pourquoi? Parce-qu’elles veulent garder leurs foyers, selon le jugement de la société, lorsqu’une femme envoie son mari en prison, c’est une malédiction pour ses enfants. Il faut donc que cela change comme mentalité et modifier la tendance.» conseille-t-il.

« Dans une situation de violence, la femme n’a que deux choix : c’est accepter de perdre son foyer pour garder sa vie ou faire l’inverse », a conclu commandant Bernard Tenguiano.



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