« Ne peuvent être libérés que ceux qui ont fait des infractions mineures et qui ont purgé la moitié de leur peine… »

Cette libération annoncée fait suite aux cas positifs à la pandémie de coronavirus dans les maisons d’arrêt de Conakry et Kindia. D’abord à la maison centrale de Conakry où croupissent 1458 prisonniers, une série de dépistage sur 856 personnes dont 64 femmes, 114 mineurs, 618 adultes, a été effectuée.

L’opération a fourni un résultat de 68 cas confirmés de coronavirus. Et sur ces 68 cas, 53 détenus dont 2 femmes ont été déclarées guéris, nous informe la cellule de communication du ministère de la Justice.

« Pour la maison centrale de Kindia, nous avons une population carcérale de 352 et sur l’ensemble de 352 prélèvements, nous avons 32 cas. Pour les gardes pénitentiaires au nombre de 25 dont 2 ont été positifs », complète Sékou Keita, chargé de communication du département.

« Compte tenu du caractère contagieux de Covid-19, il a été demandé au personnel pénitentiaire d’interdire provisoirement toutes les visites en provenance de l’extérieur, exception faite à celles destinées aux avocats et les agents intervenants dans quelques structures médicales », poursuit-il.

Vers le désengorgement des prisons centrales

A l’instar de certains pays touchés par la pandémie, la Guinée aussi procédera à la libération de certains détenus. Mais qui sont ceux qui auront cette chance?

« Le ministre de la justice a demandé à sa direction nationale de l’administration pénitentiaire de mettre en place une commission technique pour déterminer les critères de libération qui étaient très simples: ne peuvent être libérés que ceux qui ont fait des infractions mineures et qui ont purgé la moitié de leur peine.
Sont écartés de liberté, tout détenu d’infraction faunique (c’est à dire ceux qui ont tué les animaux qui sont protégés par nos textes de loi), de drogue, d’assassinat, de viol… Une semaine après la première réunion de cette commission, dont le garde des Sceaux a reçu une copie du rapport, on a constaté deux cas de Covid à la maison centrale de Conakry. Le cabinet s’ est réuni pour dire qu’il faut durcir la réflexion au-delà de la liberté. C’est ainsi que le garde des Sceaux a lancé le dépistage de l’ensemble des détenues de nos différentes maisons d’arrêts. Ce qui a été lancé il y a de cela un mois et quelques, c’est ce qui nous a permis d’avoir aujourd’hui les statistiques de 856 détenus dépistés pour la maison centrale de Conakry et nous avons 352 au sein de la maison centrale de Kindia, pour un résultat total de 20 personnes positives au coronavirus. »

« Nous avons souhaité faire cette opération de dépistages des détenus des différents maisons du pays et suite à cette opération, nous allons faire la part des choses. Ceux qui seront testés positives, seront admis dans les hôpitaux qui se trouvent dans la maison centrale de Conakry et après traitement, nous allons exécuter le projet qui est déjà acquis par le président de la République. Mais nous n’allons pas libérer de gens qui ne seront pas testés. Pour preuve, même ce qui ont fini de purger leur peine, ne peuvent être libérés qu’après réception de leurs résultats. Et s’ils sont testés positifs, ils auront deux choix, soit être admis à la maison centrale de Conakry ou dans les structures de prises en charge. »

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